Interview de F. Attelan, directeur de TAL Business School

Franck Attelan : « Le fossé générationnel entre les étudiants israéliens et français va de pair avec un décalage de maturité »

En septembre 2016, Tel Aviv Business School – TAL Business School, première école de management à la française en Israël ouvrira ses portes au cœur de la cité historique de Yafo. Son directeur Franck Attelan, fondateur de l’Institut préparatoire aux concours Aurlom qui fête cette année son 10e anniversaire et fraîchement installé en Israël, se confie sur ce nouveau défi.

Quel est l’origine de ce projet ?

F.A : TAL Business School est né d’un constat. Le bachelier et l’étudiant français de façon générale sont inadaptés au système universitaire israélien. Trois freins empêchent leur intégration et leur réussite dans le milieu israélien des Hautes études. La première difficulté est la langue. Suivre un cours nécessite un très bon niveau d’Ivrit. Niveau que ne possède pas l’élève qui sort d’une école juive française. Second frein, l’âge. Les jeunes français qui démarrent leurs cursus en Israël sont âgés pour la plupart de 18 à 19 ans. Ils se retrouvent confronter à des étudiants israéliens dégagés de leurs obligations militaires, qui ont parfois 4 voire 6 ans de plus qu’eux. Le fossé générationnel entre les étudiants israéliens et français va de pair avec un décalage de maturité. Le passage de l’école privée à l’université est déjà complexe en France. Il faut savoir se prendre en charge. En Israël, souvent livrés à eux-mêmes dans un pays qui a longtemps été synonyme de vacances et détente, les étudiants français décrochent. Troisième et dernier écueil : En Israël, on est sur un système d’enseignement à l’américaine avec une part prépondérante consacrée au travail à la maison. En France, le professeur décline le savoir contenu dans l’ouvrage de référence du cours. Aux Etats-Unis, comme en Israël, le cours est une discussion autour du savoir contenu dans le livre qui doit avoir été acquis au préalable par l’étudiant. Rajoutez la difficulté des tests psychométriques et vous obtenez un environnement peu propice à la réussite.

Surfez-vous sur la vague d’alyah des juifs de France ?

F.A : Nous sommes certes dans une période particulière. Mais plus généralement, en dehors du contexte politique, de plus en plus de jeunes diplômés choisissent de s’expatrier pour échapper au chômage qui touche un jeune de moins de 25 ans sur quatre dans l’Hexagone. A titre de comparaison, il est de 9,2% en Israël.

Dans quelle mesure TAL permettra aux étudiants de s’installer durablement en Israël ?

F.A : La langue est le levier suprême d’intégration. Notre programme est fondé sur le trilinguisme. Majoritairement en anglais et en français la première année, les cours vont progressivement tout au long du cursus des 3 ans aboutir à du « Tout hébreu ». Dans cette optique, nous avons mis en place un oulpan intensif de 2h/ jour avec en plus dès la première année des cours en hébreu. En comptabilité, en gestion de système, en mathématiques et en statistiques, les cours seront dès la première année dispensés en hébreu par des professeurs israéliens francophones. Et puis, s’intégrer ce n’est pas seulement connaître ce pays c’est aussi et surtout comprendre son histoire, sa culture, sa société. L’un de nos partenaires, l’Agence Juive aura en charge une partie de ce travail. Le site des Massada, le Musée d’Israël, les bases militaires, les excursions dans le sud : les étudiants partiront à à la découverte de tout le pays.

Quelle spécificité académique typiquement française comptez-vous importer en Israël ?

F.A : On parle beaucoup d’excellence. Je préfère parler de polyvalence de l’enseignement supérieur. Nous ferons la part belle à l’aspect pratique et en prise direct avec le monde du travail. Tout au long du cursus des séminaires pratiques animés par des professionnels israéliens permettront aux étudiants de découvrir et comprendre la réalité du monde économique. Ces rendez-vous récurrents les seront l’occasion pour les étudiants de se constituer un réseau, de réaliser des cas pratiques en vue de la rencontre avec le professionnel, de se confronter aux problématiques quotidiennes d’une entreprise et donc, à terme, à sortir de TAL Business School avec une vision juste de la vie entrepreneuriale israélienne. Un stage de fin d’année, pratique peu courante en Israël, viendra clôturer le cursus.

A propos de l'auteur
TAL Business School est la première Grande Ecole de commerce pour les francophones en Israël, inspirée du modèle français des Grandes Ecoles. En permettant à chacun de ses étudiants de maitriser parfaitement l’hébreu, l’anglais et le français, de se constituer un réseau, d’acquérir des compétences, d’élargir le champ de son savoir- faire, de travailler son savoir-être, TAL Business School a une ambition claire : former les jeunes Français et francophones d’aujourd’hui à devenir les managers israéliens influents de demain.
TAL Business School
TAL Business School
TAL Business School est la première Grande Ecole de commerce pour les francophones en Israël, inspirée du modèle français des Grandes Ecoles. En permettant à chacun de ses étudiants de maitriser parfaitement l’hébreu, l’anglais et le français, de se constituer un réseau, d’acquérir des compétences, d’élargir le champ de son savoir- faire, de travailler son savoir-être, TAL Business School a une ambition claire : former les jeunes Français et francophones d’aujourd’hui à devenir les managers israéliens influents de demain.

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